Le projet de la Cour des Aulnays est riche et repose notamment sur une véritable volonté de réduire au maximum l’impact environnemental. Pour lutter contre l’appauvrissement de la biodiversité du fait d’une surexploitation et de mauvais traitements infligés à la terre et à ses occupants, un jardin respectant les principes de la permaculture est une évidence. La règle d’or est le respect du vivant et la conception d’un écosystème complet où chacun a sa place et son rôle à jouer. Aujourd’hui le potager en permaculture, où se côtoient plantes annuelles cultivées et plantes sauvages, s’étend sur plus de 700m2.

Mais concrètement, c’est quoi la permaculture? 
Une culture potagère innovante… 

On refuse toute utilisation de pesticides, herbicides ou engrais chimiques, et on refuse également de considérer plantes ou espèces animales comme nuisibles. Plutôt que de tenter d’éradiquer les limaces du potager par exemple, on préfère considérer qu’elles ont leur utilité, et qu’il suffit de produire plus abondamment afin que chacun puisse se servir, limaces y compris. L’idée est de rétablir un équilibre perdu. De même, on replante des haies bocagères ayant la fonction de clôtures non nuisibles, mais contribuant aussi au drainage et abritant à elles seules tout un écosystème des plus utiles. En permettant plus d’abris pour les oiseaux, cela permet également de maintenir les populations d’insectes et de limaces dans des quantités plus équilibrées. Elles constituent aussi des corridors écologiques dont les nouvelles lois sur l’environnement soulignent la grande importance. En y incluant des espèces mellifères à floraison échelonnée dans l’année, on peut ainsi favoriser les abeilles et autres pollinisateurs et contribuer à leur sauvegarde.

 … Pour tendre vers une autosuffisance 

La production de légumes au potager permet de consommer une meilleure qualité, à moindre coût. On utilise aussi beaucoup les plantes sauvages qui ne demandent aucun soin puisqu’elles poussent toutes seules, mais qui pour beaucoup sont comestibles ou utiles comme condiments ou en médecine douce. Souvent leur richesse nutritive est très complémentaire des légumes produits dans le potager.

Principes permaculturels

En prenant le temps de s’impliquer avec la nature, il est possible de concevoir des solutions adaptées à chaque situation. Le problème est la solution Puisque la stabilité, la richesse, la résilience, et surtout l’efficacité d’un système repose sur les interconnexions entre ses éléments, si l’on rencontre un problème à un moment donné dans le système, c’est qu’une connexion manque entre certains éléments. Pour le résoudre, il faut donc relier l’élément problématique à un autre, quitte à l’introduire, et le problème d’un élément devient la solution d’un autre.
(Source : Wikipédia Bill Mollison)

Il est prévu de mettre en place différents équipements d’exploitation des énergies renouvelables afin de rendre le site plus autonome en termes d’énergie.

Le design consiste à placer chaque élément d’un système de façon à ce qu’il soit connecté de manière optimale aux autres éléments, c’est à dire là où ses besoins seront comblés et ses productions utilisées. Placé de façon adéquate, chaque élément d’un système peut avoir une multitude d’utilisations. Par exemple, les douves et l’étang peuvent servir de récupération et de stockage d’eau, à produire des poissons et des plantes, à stocker la chaleur, à réfléchir la lumière du soleil, à fournir une protection aux canards et autres oiseaux…

La redondance est un gage de stabilité du système. Par exemple, un chauffage solaire sera doublé d’un chauffage d’appoint, un poêle de masse utilisant du bois, mais aussi d’une petite éolienne utilisant l’énergie du vent.

On ne mobilise matières premières, matière grise et force de travail que pour un résultat. Il est de plus entendu à la Cour des Aulnays que le résultat recherché ne relève pas du profit financier mais du profit humain et/ou écologique.

En d’autres termes, la permaculture est plus un champ d’exploration qu’une technique arrêtée, en constante évolution elle doit savoir remettre en causes ses pratiques et constamment chercher à les améliorer.

Faire la meilleure utilisation de l’abondance de la nature pour réduire notre consommation de produits manufacturés et notre dépendance vis-à-vis des ressources non renouvelables.

L’objectif à terme est d’atteindre zéro déchet produit. Nous pratiquons le recyclage, le tri sélectif et le compostage, il nous faut encore davantage limiter l’arrivée d’emballages plastiques non recyclables.

Les énergies internes et externes au système doivent être étudiées et gérées efficacement. Par exemple, un vent froid venant d’une direction sera arrêté par une haie judicieusement placée. C’est notamment dans ce but que nous plantons des haies bocagères en périphérie de la propriété. Sur le terrain, nous placerons les éléments suivant l’attention qu’ils requièrent, comme par exemple un potager au plus près de la
maison.

La permaculture privilégie le recyclage de l’énergie, de l’eau et des nutriments sur le site, pour préserver sa fertilité. Durant chaque cycle, la récupération, le stockage et l’utilisation maximale sont encouragés. Par exemple, l’eau du puits sera stockée dans une citerne surélevée pour la conduire par gravitation et l’utiliser dans des endroits situés plus bas.

L’aménagement des espaces verts se fait en harmonie avec les systèmes observés dans l’espace naturel, qui deviennent la colonne vertébrale de nos designs et affinés à mesure que nous progressons. La source d’inspiration pour le potager et pour une grande partie des espaces verts est la forêt naturelle. Le parti-pris de La Cour des Aulnays est de suivre les évolutions naturelles et de minimiser l’intervention humaine.

La diversité réduit la vulnérabilité à une variété de menaces et tourne à son avantage la nature unique de l’environnement dans lequel il réside. Ainsi nous nous efforçons de préserver la biodiversité existante, dans chacun des biotopes de la propriété, mais aussi de l’enrichir en implantant des variétés végétales nouvelles. La diversité florale permet ainsi de favoriser la diversité animale.

Choisis et placés aux bons endroits, les éléments développent entre eux des relations d’entre-aide. A titre d’exemple, citons les associations de plantes au potager de plus en plus connues et conseillées, comme les oeillets d’Inde avec les tomates. De même le tas de compost végétal près du potager attire les limaces et escargots dont la fonction est de décomposer en premier es déchets végétaux, ainsi ils sont moins tentés de s’attaquer aux plantes du potager. La reconstitution de haies bocagères est un autre exemple illustrant ce principe. Le premier stade est d’y mettre en tas des branches coupées, ce qui permet de les utiliser utilement plutôt que les brûler ou les envoyer à la déchetterie. Dans ces tas de branches, les premières plantes à s’installer sont les ronciers, genêts et ajoncs, donnant une allure d’abandon. Cependant sous ce couvert, des graines peuvent germer et se développer, notamment grâce aux branches de départ. Un potentiel important de jeunes arbres et arbustes est présent pour la formation d’une haie future. Et tout au long de son développement, elle constitue ainsi un biotope très riche et favorable à beaucoup d’espèces animales également.

Plus faciles à maintenir que les gros systèmes gourmands en énergies de maintenance, les systèmes lents et petits permettent un meilleur usage des ressources locales tout en produisant des résultats durables.

En analysant toutes les fonctions d’un élément, on se rend souvent compte qu’il peut remplir des services qui nous demandait du travail, ou des apports extérieurs. Par exemple, les animaux herbivores de la Cour des Aulnays gèrent l’enherbement et nous évitent ainsi d’acheter une tondeuse.

Les bordures sont des zones à privilégier, car elles bénéficient des apports des systèmes qui les composent et possèdent des caractéristiques singulières supplémentaires. En témoignent les lisières de forêts. Les bordures constituent aussi les limites au sens figuré (ressources, règlementation) dont nous nous efforçons de tenir compte.

La nature tend à complexifier le milieu jusqu’à atteindre un stade climacique où suffisamment d’éléments interconnectés permettent la résilience et la soutenabilité du système. En reproduisant et favorisant ces mécanismes, le permaculteur assure la pérennité de son système, par exemple en préparant la terre pour la culture grâce à un paillage fait de paillis et de compost pour améliorer le sol.

On peut avoir un impact positif sur des changements inévitables en observant attentivement et en intervenant au bon moment.