Version transcrite par René de l’Espéronnière dans l’Histoire de la Baronnie de Candé :

« Une poétique légende s’attache à l’étang des Aulnays. On raconte que le jour de la Saint-Jean, au lever du soleil, un lys d’or émerge du milieu de la nappe d’eau et replonge à l’instant où le disque entier apparaît au-dessus de l’horizon. Nous ignorons l’origine de cette croyance populaire, reposant peut être sur un fond historique plus ou moins altéré ; autrefois des vieillards disaient avoir été témoins de la courte et merveilleuse apparition, mais aujourd’hui les yeux ne sont plus aussi clairvoyants qu’au temps passé. »

Version d’une pièce de théâtre, écrite et jouée en 1958 dans le bourg de Challain-la-Potherie :

« Gens de Challain et d’alentour
Écoutez la belle histoire
De la brune Jolaine
Du manoir des Aulnays

Fidèle à son honneur
Faisant fi de la gloire
Pure… elle mourut
Par un traître frappée

Blanche comme le Lys
Du blason de ses Pères
Elle apparaît ainsi à la Saison d’été

Quand se lève l’aurore
Juste aux premiers rayons
Que darde le soleil
C’est l’heure !

La brise transparente
Nimbe les grands roseaux
L’eau bouillonne
Un lys d’or apparaît
Sur l’étang qui frémit

Croyez que je l’ai vu
Allez le voir vous-mêmes
Le Lys d’Or des aïeux
Qui fleurit aux Aulnays

Complainte du Lys d’Or

1
Mesdames, Messieurs, plaise à vous d’écouter
Une complainte que je viens vous conter
Faites silence
Tous
Petits et grands
Je vous dirai cela bien simplement
Il y a longtemps au pays de chez nous
De beaux castels s’élevaient un peu partout
Nobles Seigneurs et gentes Damoiselles
En cour d’amour chantaient des ritournelles

2
Vivait heureuse au Manoir des Aulnays
Près de son Père qui tout bas l’adorait
Brune Jolaine
La plus jolie
Des châtelaines de tout le pays
Mais vint le traître qui par jalousie
Tua l’enfant près de l’étang fleuri
De nénuphars tout blancs
Dans l’air léger
D’un matin de printemps, doux, embaumé