Autrefois, le manoir dit des Aulnays – Aulnoys (1456), Aulnoitz (1529), Aulnaiz (1549), Aulnais (1582) – était une vaste seigneurie avec château entouré de douves, tours, pont-levis et chapelle. Son fief relevait de la châtellenie de Challain à foi et hommage.

Seigneurs primitifs

Cette seigneurie, la plus importante de la paroisse, appartenait primitivement à la famille des Aulnays. Elle en sortira vers le milieu du XIVe siècle par le mariage de Jehanne des Aulnays avec Guillaume de la Motte, écuyer. Celui-ci était décédé avant 1384, époque à laquelle sa veuve comparut aux assises de Candé. Les de La Motte ou de la Mote prirent part aux croisades en la personne de Juhel, chevalier, seigneur de la Mote et de Juigné, lequel en 1191 se croisa avec Juhel de Mayenne et dont l’écusson figure à la salle des Croisades à Versailles. La maison est connue aujourd’hui sous le nom de La Mote-Baracé. Nous ferons remarquer ici que le nom de La Motte, en latin De Mota, s’écrit presque invariablement avec un seul t, La Mote. Quant aux armes, elles contiennent une erreur. Les plus anciens sceaux de la famille placent les quatre merlettes sur-le-champ de l’écu principal, et représentent la fasce fleurdelisée de six pièces. Les armes de La Mote se blasonnent alors d’argent, au lion de sable, cantonné de quatre merlettes du même, et chargé d’un écusson d’argent, à la fasce fleurdelisée de six pièces de gueules. Chérin, dans le mémoire des preuves de cour, a déplacé par mégarde le membre de phrase, cantonné de quatre merlettes, et l’a fait rapporter à la fasce en écrivant au féminin cantonnée. Il est à croire que le petit écusson est une addition postérieure aux croisades
Deux ans plus tard, aux assises de la même seigneurie, Jehanne des Aulnays obtint du Roi un délai – ou grâce – pour présenter son aveu.
Le fils ainé de Guillaume de la Motte et de Jehanne des Aulnays porta le même nom que son père : « le 23 octobre 1407, Guillaume de la Motte, écuyer, s’avouait homme de foi lige de Jehan de Châteaubriant, seigneur de Challain, pour raison de sa terre des Aulnais. Il mourut vers 1425. » Il aurait épousé Jeanne alias Isabeau de Villeprouvée le 28 janvier 1393. Litre des Seigneurs des Aulnays La Cour des Aulnays – 16 Son fils, Charles de la Motte, écuyer, seigneur des Aulnais et de Huppes (paroisse de Loiré), rendit aveu, pour ce dernier fief, au seigneur de la Roche d’Iré, le 1er avril 1426. Il renouvela son hommage en 1456. Le 9 février 1461, aux assises de Candé, Charles de la Motte, escuyer, seigneur des Aulnoys rendit aveu et dénombrement à Guy, comte de Laval, pour les héritages qu’il tenait en nuesse dans les fiefs et châtellenies de Candé et de Chanveaux ; ces biens consistaient en cinq pièces de terre sises en la paroisse de Challain, pour lesquelles il devait une rente annuelle de trois sous et de trois boisseaux d’avoine, payable à l’Angevine. Charles de la Motte décède avant 1496. Par son testament, il donnait, pour la fondation d’une messe à célébrer le vendredi de chaque semaine, les dîmes qu’il avait droit de prendre sur
son domaine des Aulnais et sur ses métairies des Aulnais, du Bois-Gauthier, de la Verrie et du Houssay, ainsi que sur le clos de vigne des Aulnais et sur la closerie de la Haye-Jumelle.

Fondation de la chapelle

Mathurin de la Motte, fils ainé de Charles, succéda à son père comme seigneur des Aulnais. Le 22 juillet 1501, il passa avec messire Pierre Hamelin, prêtre, une convention par laquelle il confirmait la donation de Charles de la Motte, au sujet d’une messe qui devait être célébrée chaque semaine. Pierre Hamelin s’engageait à dire ou à faire dire cette messe chaque vendredi, en l’église de Challain, « à l’autel Mons sainct Jehan, jusques à ce qu’il y ait chapelle convenable audict lieu des Aulnaiz pour dire et célébrer ladicte messe et autre service qui y pourra ester dict, auquel cas ledict service s’y fera… » Cette condition ne tarda pas à être remplie, Mathurin de la Motte fit construire une chapelle qui fut achevée le 12 janvier 1506 et placée sous l’invocation de saint Mathurin et de sainte Barbe.
Le 8 juin 1544, Mathurin de la Motte, écuyer, rendit aveu pour sa seigneurie des Aulnais à Philippe de Chambes, chevalier, seigneur de Challain ; il reconnaissait lui devoir trois fois et hommages : deux liges et une simple. Le dénombrement comprenait : Les maisons, chapelle, grange, cour, jardin, douves et circuit alentour, au-dedans de ladite cour et enclose de douves, contenant deux journaux de terre ou environ.
L’étang des Aulnais, sis au-devant desdites maisons, avec le pâtis et le rivage dudit étang, contenant deux journeaux de terre ou environ.
Un jardin et un verger, près et au-dessous de la chaussée dudit étang, contenant un demi-journal de terre et joignant d’un côté aux douves et d’autre côté au grand bois des Aulnais…. Les métairies ou pièces de terres suivantes relevaient des Aulnais « à charge de cens, devoirs et tailles annuels » : La Chevalerie, la Giberdière, la Petite-Haie, la Sucheraie, l’Escaubaie, la Noë-Rondelière, la Sauvagère, les Landes-Gérard, la Béraudaie, la Grande et la Petite Chapellenaie, la Cruberaie, la Louettière, la Rivière, le Rat, la Merceraie, la Milsandière, la Ménardaie, la Péjotière, la Guillotière. Parmi les sujets et terres relevant du seigneur des Aulnais pour raison de son fief du Pavillon, on remarque Antoine Mesnard, à cause du lieu de la Poterie, la Guerche, le Haut-Breil et la Gouaudaie.

Mathurin de la Motte s’avouait homme de foi lige du seigneur de Challain pour les fiefs suivants, qui relevaient des Aulnais : la Haute et la Basse-Guillotière, la Cohuère, la Gibourdière, la Benneraie, la Maussionnaie, l’Aunay, les Landes-Aigrefoin, et pour les cens qui lui étaient dûs sur la Barbinière ; il devait aussi hommage à Challain pour le fief aux bureaux. Mathurin de la Motte décède avant 1566. De son mariage avec Françoise Fresneau, il eut deux filles, dont l’une mourut probablement sans être mariée. La seconde fut Jacqueline de la Motte-Baracé qui épousa le 23 juillet 1525 Antoine de Beauva, seigneur de la Bessière, du Riveau, etc., baron de Saint-Cassien, chevalier de l’ordre du Roi. Par ce mariage, la terre et la seigneurie des Aulnais passa dans l’illustre maison de Beauvau. Jacqueline de la Motte mourut en 1569, et Antoine de Beauvau avant 1577. De leur union naquit un fils unique, Gabriel de Beauvau, qui fut baron de Saint-Cassien et seigneur du Riveau, de la Babinière, des fiefs des Brinières, du Pavillon, des Ahuts- Bureaux et des Aulnais. Il était écuyer d’écurie du Roi en 1564, prit part à la bataille de Saint-Denis en 1567 et fut nommé chevalier de l’ordre de Saint-Michel.

Édification des fortifications

Avec Gabriel de Beauvau l’importance du château allait considérablement s’accroître. Par lettres du 1er septembre 1577, il obtint de son suzerain Antoine d’Espinay, baron de Broons et seigneur de Challain, l’autorisation de faire « bâtir, construire et édifier pont-levis, douves, tours, canonnières et toutes autres forteresses, ainsi que bon semblera audit seigneur des Aulnais, et en de tels endroits, pour la tuytion (protection) et défence de sa maison des Aulnaiz ». Le 5 septembre 1582, Gabriel de Beauvau, chevalier de l’ordre du Roi, écuyer d’écurie du Roi, maître des Eaux et Forêts du pays et duché de Touraine, seigneur des Aulnais, etc., confesse être « homme de foy par trois fois, deux liges et une simple du haut et puissant seigneur messire Antoine d’Espinay, au regard de la châtellenie de Challain, à cause et pour raison de son fief, terre et seigneurie des Aulnays et partie du domaine d’icelui. » Ce texte donne un tableau complet de la seigneurie des Aulnays à la fin du XVIe siècle : « En premier ma maison, chapelle, granges, jardins, douves fort creuses, pleines d’eau et défensables, au circuit et alentour de madite maison des Aulnays, contenant le tout, par fonds, six boisselées de terre. Item, mon grand verger, contenant quatre boisselées. Item, mon étang des Aulnays, contenant huit boisselées. Item, mon grand jardin dudit lieu des Aulnays, comprise l’allée d’entre ledit jardin et les douves, contenant deux boisselées et demi ; plusieurs vergers et diverses pièces de terre et prés. » S’ensuivent la liste des plesses et garennes à connils défensables (du Houssay, de la Verrie, du Bois-Gaultier, de la Meneraie) avec droit de chasse à connils dans lesdites plesses et garennes. Il y est fait aussi la liste des métairies et closeries qui dépendaient à l’époque de la seigneurie des Aulnays : la métairie des Aulnays, de la Mesneraye, la Chevalerie, la Vayrie (aujourd’hui la ferme la Verrie), la Mauxionnaye (aujourd’hui la ferme la Maussionnaie), la Louettière, la Serauldaye (aujourd’hui la Séraudaie), le Pavillon, le Bois-Gauthier, la Closerie du Moulin…

Gabriel de Beauvau décéda en février 1583 et la seigneurie des Aulnais fut léguée à l’un de ses fils, Louis de Beauvau, maître des Eaux et Forêts au ressort de Chinon. Le 12 août 1609, Louis de Beauvau en fit cession à René Le Clerc, écuyer, seigneur des Roches et gentilhomme ordinaire de la vénerie du roi. Le résumé de l’acte de vente décrit le manoir comme : « la maison seigneuriale des Aulnais enclose et fermée de douves, ponts-levis et pourpris, chapelle, étang, bois de haute futaie et taillables, garennes, prés, closerie de la maison, la métairie des Aulnais, la Verrie, la Meneraie, le Bois-Gauthier, le Houssay, le moulin à vent et la closerie qui en dépend… ». Le 14 octobre 1624, René Le Clerc rendit aveu au seigneur de Challain pour sa maison seigneuriale des Aulnays, composée de : « Chapelle, fuie et granges, écuries, portail avec pont-levis a flèches, tours avec canonnières à flanc, droit de forteresse, jardins ; le tout entouré à circuit de grandes douves, larges et creuses, pleines d’eau, avec droit de pont-levis, contenant ensemble par fonds six boissellées de terre environ » René Le Clerc, chevalier de l’ordre du Roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, baron de Sautré, seigneur de la Roche-Joulain, des Aulnais et d’autres lieux, mourut vers 1640. Il avait épousé Renée Licquet dont il eut deux fils, Pierre et Louis. Pierre, l’ainé, entra dans les ordres et renonça à son droit d’ainesse en faveur de son frère Louis. Celui-ci rendit aveu pour la terre des Aulnais à Christophe Fouquet, seigneur de Challain, le 22 avril 1641. Il épousa Charlotte Treton, fille de Olivier Treton, écuyer et seigneur de Noirieux, conseiller au présidial d’Angers, et de Renée Gohin. Les deux époux se firent une donation mutuelle par acte en 1655, et de cette union naquirent trois enfants, Pierre, Emery et Théophanie. Louis Le Clerc décéda vers 1670 et sa veuve passa un acte l’année suivante en qualité de garde-nobles de ses enfants. Le château des Aulnais était leur
résidence habituelle et l’évêque d’Angers, Henri Arnault, y fut reçu le 2 septembre 1659 et y passa la nuit. Pierre, le fils ainé, devint à sa majorité le seigneur des Aulnais. Il était entré dans les ordres et devint prêtre de la Congrégation de l’oratoire. Le 14 mai 1637 il renonça à son droit d’aînesse en faveur de son frère, Louis. Ce dernier, baron de Sautré et seigneur des Aunais, rendit aveu, pour cette dernière terre, à
Christophe Fouquet, seigneur de Challain, le 22 avril 1641. Il épousa Charlotte Treton, fille de Olivier Treton, écuyer, seigneur de Noirieux, conseiller au présidial d’Angers, et de Renée Gohin. Ils eurent trois enfants, Pierre, Emery et Théophanie. Le château des Aulnais était la résidence habituelle de Louis Le Clerc et de sa femme, et l’évêque d’Angers, Henri Arnault, y fut reçu le 2 septembre 1659 et y passa la nuit.
Pierre Le Clerc, fils aîné, devint à sa majorité seigneur des Aulnais. Il était rentré dans les ordres et avait été reçu docteur en Sorbonne avant 1690. Le 14 septembre de cette année il rendit aveu, tant pour lui qu’au nom de son frère et sa soeur, au prince de Condé, baron de Candé, pour diverses terres et sa métairie du Houssay. La terre des Aulnais paraît, d’ailleurs, être restée indivis entre lui et sa soeur jusque vers l’année 1716 ; jusqu’à cette date, on rencontre des actes, concernant cette seigneurie, rédigés alternativement au nom de l’un ou de l’autre.

La terre des Aulnais passa ensuite dans la famille de Laurens, par le mariage de Geneviève-Eulalie Le Clerc de Brion avec Pierre de Laurens, seigneur de Joreau et de Gennes, le 13 août 1731. Louis-Auguste de Laurens, chevalier, seigneur de Joreau, était seigneur des Aulnais en 1773. Dans le cours de l’année 1783, il rendit hommage au comte de la Potherie, dont il se reconnaissait « homme de foy par cinq fois, deux liges et trois simples ; la première fois lige pour raison de son fief, terre et seigneurie des Aulnais. » Cet aveu donne les détails suivants, la dernière description précise avant les destructions liées à la révolution et aux guerres de Vendée : « Premier, ma maison seigneuriale des Aulnais, composée de différentes pièces basses et hautes, une chapelle, cours, granges, portail auquel il y a pont-levis, tours, fuye avec canonnières et flancs, droit de forteresse, entourée et circuitée de grandes douves fort creuses et pleines d’eau, avec droit de pont-levis, contenant le tout ensemble environ six boisselées. Item, le grand jardin et verger, contenant quatre boisselées, joignant vers nord le chemin tendant à aller de ladite maison à celle de la métairie des Aulnais, et aboutant vers orient à la prée et douves dudit lieu. Item, l’étang dudit lieu des Aulnais, en pré, contenant huit boisselées, joignant lesdites douves, terres et près cy dessus et cy après. Item, le bois des Aulnais ou du Fourneau, contenant vingt-six boisselées et demie, tant en terre que bois, joignant vers orient la grande pré des Aulnais ; d’autre côté, la pièce du Fourneau, l’allée des Aulnais entre deux, et vers nord aux terres de la Verrie », etc. Louis-Auguste de Laurens vivait encore en 1788. Après lui, la seigneurie des Aulnais échut à la seconde fille de Pierre de Laurens et de Geneviève-Eulalie Le Clerc. Ceux-ci avaient eu, de leur mariage deux filles, Elisabeth et Louise-Mélanie. Cette dernière épousa le 27 avril 1772, dans la chapelle du château de Joreau, Louis-René, marquis de Jousselin, capitaine d’artillerie, nommé colonel en 1782. Par son mariage il devint seigneur des Aulnais, titre qu’il transmit à son fils, Louis-Charles-Emmanuel, marquis de Jousselin, né le 25 octobre 1774, au Château de la Gaucherie-aux-Dames.

Le marquis de Jousselin est mort en 1854. Il avait épousé en 1795, au Château du Lavoir, Marie-Louise Hunault de la Chevallerie, et ils eurent deux fils et deux filles. En 1843, après la mort de sa tante, Mademoiselle de Laurens, dite Mademoiselle du Lavau, le marquis de Jousselin abandonna ses biens à ses enfants et la terre des Aulnais fut attribuée à sa fille, Marie-Elisabeth (née en 1799 et décédée en 1859) qui avait épousé, en 1820, Magdelon-Hyacinthe du Buat. Celui-ci mourut à Loiré en 1843. Sa fille unique, Marie-Dieudonnée du Buat, mariée à Edouard-Marie, marquis de l’Espéronnière, devint à cette époque, propriétaire des Aulnais, par suite de la cession de biens que sa mère avait faite en sa faveur. La famille de l’Espéronnière s’est éteinte avec le petit-fils de ce dernier, René-Antoine, marquis de l’Espéronnière de Vritz, le 8 janvier 1913. Nous pensons que la Cour des Aulnais fut achetée à cette époque par M. Cherrault, pharmacien à Vritz, qui la légua à sa petite-fille, Marie-Thérèse Besnié de Nantes, à qui nous l’avons achetée en 2011.

Sièges pendant la guerre de Vendée

Louis-Charles-Emmanuel, marquis de Jousselin prit part à la guerre de Vendée et fut nommé colonel du premier régiment des grenadiers à cheval de la garde royale. Le Château des Aulnais devint une retraite habituelle des Chouans et fut attaqué et incendié par les Bleus à plusieurs reprises. Le 18 thermidor an II (5 août 1794), les Patriotes, commandés par le général Decaen, y atteignirent les Chouans qui, après un combat, laissèrent vingt morts sur le terrain.

La métairie de la Cour des Aulnays

Au début du XIXe siècle, l’ancien manoir devint la métairie de la Cour des Aulnays. Les pierres des anciens bâtiments, détruits à la Révolution, servirent à la construction d’un nouveau logis en 1801. Il ne reste alors qu’une partie des anciennes constructions : une tour qui servait aussi de fuie, le châtelet transformé en bâtiment de service et quelques tourelles. Les douves sont desséchées et servent de pâture aux animaux de la ferme. La chapelle est dépouillée de ses ornements et transformée en grange à foin.

Exploitation de la carrière de l’étang

En 1862, un four à chaux avec machine à vapeur fut établi près de l’étang, pour l’extraction du dépôt de falun et de molasse coquillière s’y trouvant. Un canal de trois à quatre pieds de profondeur sur un kilomètre de longueur fut creusé pour épuiser l’étang et faciliter l’exploitation de la carrière. Elle fut exploitée en location par le propriétaire de la Veuvrière (Angrie, 49) jusqu’en 1876, comme l’indique notamment Perron-Gelineau dans Candé ancien et moderne (15 février 1885). À cette époque, le calcaire s’épuisant, l’entreprise fut abandonnée et l’eau revint remplir la cavité d’environ un hectare. Une partie des douves a été comblée pour la construction du chemin d’intérêt commun vers 1863, puis deux autres par les derniers exploitants agricoles habitant le lieu. Tous les bâtiments à l’exception de la maison, ainsi que les douves sont inscrits au répertoire des monuments historiques le 18 septembre 1989.

Geneviève Karlsson

En 2010, Geneviève Karlsson, suédo-bretonne, citadine et traductrice de son état, découvre le Manoir de La Cour des Aulnays. Les vieilles pierres sont envahies par la végétation et par endroit recouvertes de ciment, mais le lieu l’inspire. Le domaine est à vendre et sur un coup de tête elle décide de l’acquérir avec trois associés.

Au printemps 2013, elle reprend le site seule. Ce lieu devient sa maison, mais aussi un lieu de patrimoine et d’échanges, un lieu ouvert, propice à toutes sortes d’animations, de découvertes et de réalisations artistiques et culturelles, de rencontres avec les visiteurs, les intervenants, les artistes, le public, les amis… et les animaux. Car dans ce lieu un peu magique qui recèle une légende du fond des temps, Geneviève s’est découvert une passion pour les autres espèces. Et depuis quelques années, chiens, chats, chèvres et autres quadrupèdes ou bêtes à plumes partagent les lieux avec bonheur avec les visiteurs – certains y ont même perdus leurs phobies. Mais pour faire vivre ce joli monde, pour restaurer la pierre et lutter contre l’usure du froid, des pluies et des banquiers, il faut des fonds. Geneviève, avec l’aide des membres de son association Les Amis de la Cour des Aulnays, s’emploie à en trouver à travers les campagnes de financement participatif,
mais aussi les chantiers participatifs, où tout savoir-faire et bonne volonté sont mis à l’oeuvre, souvent l’été, pour de la maçonnerie, une charpente, une permaculture…

Dans l’esprit de coopération qui habite le lieu, il n’y a pas de prix déterminé d’avance. On est libre d’évaluer le coût des choses et ce qu’on peut y mettre. Pendant un concert ou une conférence le chapeau circule, il permettra de dédommager les artistes et de contribuer à la préservation de La Chapelle et pour les autres bâtiments où il reste tant à faire.

Geneviève est une aventurière, un goût de l’inconnu qui a gagné son entourage, où la solidarité, la mise en commun des idées, des moyens et de l’imagination défient la précarité des bourses.